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Alighieri_dante

Le MMA en passe d'être légalisé d'après la ministre des sports

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La FFL a développé aussi le grappling fight qui comme le Karate-mix de la FFK n'est rien d'autre que du Pancrace.

Le MMA serait une planche de salut pour la FFL qui est en grande difficulté financière après avoir organisé à grand frais les championnat du monde de lutte.

C'est je pense un argument qui pourrait "émouvoir" le ministère, même si cela ne nous regarde pas.

Tant que ce n'est pas la FFJDA...

Edited by STAROS

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Le 03.04.2019 à 05:15, Alighieri_dante a dit :

Exactement.

A voir que le volet radicalisation ne concerne pas seulement le MMA mais vu que ce dernier n'est pas encore contrôlé c'est un élément de plus pour le mettre sous surveillance.

Pour avoir échangé avec un belge qui a vu le changement sur le MMA là-bas, ils ont attendu 3-4 ans avant d'avoir les règles unifiées et 10 ans pour les cages en compétition. On est proche de la légalisation du MMA. Jamais, je dis bien JAMAIS un ministre des sports n'a été si positif sur le MMA et sur l'envie que la discipline soit régulée. C'est une avancée énorme. Clairement pas parfaite c'est sûr mais une avancée plus qu'encourageante. En 2016, on a l'interdiction légal du MMA avec l'ancien ministre des sports, 3 ans plus tard on parle de légaliser et encadrer le MMA. C'est énorme. Bien sûr que tout ne me plait pas dans son discours mais je préfère me dire que ça sera que du bon pour les amateurs et pro français.

Pour le volet belge ce n'est pas tout à fait vrai. C'est moi qui ait rencontré les autorités en tant qu'officiel pour le premier événement. La cage et les règles unifiées n'avait rien de politique. C'était la fédération de shooto avec ses règles et donc son ring ( à l'époque maintenant ils autorisent une cage aussi). Ensuite les dirigeants ont transformés la structure shooto en immaf belge. Mais il est vrai que ce timing a pu jouer en notre faveur je le concède 

Après si on enlève la cage et les coups au sol...ça devient un truc qui existe déjà en France non? 

Poudre aux yeux je pense. Ce courant politique en manque de popularité essaie ce qu'il peut pour en gagner c'est mon avis

 

Edited by Oligator

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Le 08.04.2019 à 16:22, Oligator a dit :

Pour le volet belge ce n'est pas tout à fait vrai. C'est moi qui ait rencontré les autorités en tant qu'officiel pour le premier événement. La cage et les règles unifiées n'avait rien de politique. C'était la fédération de shooto avec ses règles et donc son ring ( à l'époque maintenant ils autorisent une cage aussi). Ensuite les dirigeants ont transformés la structure shooto en immaf belge. Mais il est vrai que ce timing a pu jouer en notre faveur je le concède 

Après si on enlève la cage et les coups au sol...ça devient un truc qui existe déjà en France non? 

Poudre aux yeux je pense. Ce courant politique en manque de popularité essaie ce qu'il peut pour en gagner c'est mon avis

 

Ah je me souviens des premiers Shooto en Belgique.
Je vois pas l'intérêt pour ce courant politique comme tu dis de vouloir faire plaisir à même pas 100 000 personnes. ^^;

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Il y a 21 heures, Alighieri_dante a dit :

Ah je me souviens des premiers Shooto en Belgique.
Je vois pas l'intérêt pour ce courant politique comme tu dis de vouloir faire plaisir à même pas 100 000 personnes. ^^;

Bah C'est pas 100000 personnes le mma c'est devenu mainstream et c'est un coup de comm je veux dire...on est d'accord c'est pas le lobby de la chasse les fans de mais quand même les jeunes s'y intéressent tous maintenant.

Le shooto Belgium c'était le bon temps lol j'aimais bien ces règles moi la cage ça change tout mais ça c'est les goûts et les couleurs..

Les débuts de tarec saffiedine. De très bon français pour la plupart des combattants je pense à la team tourcoing salva Casilli notamment et pleins pleins d'autre dont j'ai plus les noms...aussi en hollande les débuts de kongo coachés par quoniam qui m'a donné le premier cours de sol de ma vie. Z'avez toujours été en avance malgré l'interdiction quel gâchis qud même.

Soit. je vous souhaite que ca change

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Sinon, un truc me turlupine, se sont les coudes.

En France, ils sont interdits en muay thai sauf s'il y a des protections. J'en viens à penser que les règles unifiées de l'UFC ne seraient pas applicables de suite. Après reste la question de l'enceinte de combat...

Mais bon, cela permettrait déjà de faire tourner en France une scène pro , ce qui éviterait d'éviter que nos jeunes pousses n'aillent jouer la chair à canon en Angleterre...

Edited by STAROS

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Il y a 10 heures, Alighieri_dante a dit :

En fait dans l'Equipe aujourd'hui il y avait 3 pages consacrées au MMA;
- un article sur sa légalisation
- 7 questions pour comprendre le MMA (dont la question débile "C'est un nid à radicalisation?")
- Interview de Francis Ngannou
- Interview de Zarah Fairn

Des articles relativement dans le sens de la légalisation et rédigés par 4 journalistes pour faire ce dossier.

Sinon sur le site de l'Equipe pour les abonnés numériques il y a en plus de cela une interview de GSP, une interview de Yann Ramirez (docteur en sociologie et membre d'Ikusa) sur son point de vu sur la violence du MMA. 

Ah oui et l'Equipe vient de lancer son Podcast consacré au MMA et intitulé K-O.  Il y a du chèvre (GOAT), du Bertrand Amoussou et du Tony Yoka, elle est pas belle la vie?

Le lien ci-dessous:

Citation

https://podcasts.apple.com/fr/podcast/k-o/id1460458944

Qui est le « GOAT » du MMA ?

Saison 1, Ép. 1

Voilà trente ans que les Arts martiaux mixtes (MMA) se structurent à travers l’organisation de championnats privés comme l’UFC. Bien des combattants ont brillé dans la cage mais il ne peut y avoir qu’un seul « GOAT » (« Greatest of All Time »). Oui, mais qui ?

C’est un débat sans fin, quel que soit le sport évoqué. Qui peut prétendre être le meilleur de l’Histoire ? Il peut paraître prématuré de tenter de déterminer un « GOAT » (« Greatest of All Time ») pour une pratique aussi jeune que le MMA. Pourtant, ils sont déjà des centaines à avoir passionné les téléspectateurs du monde entier. Alors qui ? Le génial Jon Jones ? L’impitoyable George St-Pierre ? Ou bien le célèbre Conor McGregor ?

Avec ses stars, le MMA a conquis le monde. Tous les pays l’ont adopté. Tous ? Un seul résiste encore et toujours : la France, farouchement hostile à l’organisation de compétitions sur son sol. Mais la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a fait un pas en faveur de la reconnaissance de la discipline dans l’Hexagone le 2 avril dernier. Qu’est-ce qui a fait bouger les lignes ? Est-ce pour bientôt et sous quelles modalités ?

Enfin, le retour de suspension de Tony Yoka (5 victoires dont 4 avant la limite, aucune défaite) approche chez les poids lourds en boxe. Après un an passé loin des rings en raison de trois défauts de localisation, le champion olympique se prépare à disputer son sixième combat professionnel en juillet. Problème, il n’a pas d’adversaire. Alors, face à qui ?

Merci à Bertrand Amoussou, président de la Confédération française de MMA (CFMMA), d’avoir accepté notre invitation.

Animé par Guillaume Duseaux, avec Jérôme Guillas et Alessandro Pitzus.

https://podcasts.apple.com/fr/podcast/k-o/id1460458944

 

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Le 25.04.2019 à 20:51, boboss a dit :

Bon reste plus qu'à l'arjel après ça, de nous laisser parier sur les combats 😍

Est-ce vraiment une bonne nouvelle 💲

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Interwiew GSP "  l'Equipe " 

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Tout juste retiré de l'octogone, Georges St-Pierre est l'un des plus grands combattants de MMA et de l'histoire de l'UFC. Antithèse de Conor McGregor, le Québécois a imposé son éthique dans l'octogone et rendu son sport plus propre. Il se confie à L'Équipe.

Journaliste Jérôme Guillas

Vous avez insisté, lors de la conférence de presse annonçant votre retraite, sur le fait de « partir au bon moment ». Vous avez pensé à quoi pendant les presque quatre ans avant votre retour face à Michael Bisping en 2017 ?
J'avais arrêté à l'époque à cause de plusieurs raisons : je voulais plus de contrôles antidopage, j'étais en conflit avec l'UFC à ce niveau-là. Je ne voulais pas revenir si les choses ne changeaient pas. Ça a mis du temps avant qu'ils mettent en place un système avec l'USDA (l'Agence américaine antidopage). Ça a beaucoup joué pour mon retour. Et puis durant ma carrière j'ai eu trois critiques majeures : on me reprochait de ne pas être monté de catégorie, on me reprochait d'être trop cérébral, de ne pas prendre assez de risques ce qui rendait parfois mes combats ennuyants, on me reprochait de ne pas mettre d'émotions dans la promotion d'un combat, d'être trop respectueux. Alors je voulais revenir en faisant quelque chose de spécial : j'ai changé de catégorie, j'ai gagné par finalisation, et en affrontant Michael Bisping je savais qu'il ferait beaucoup pour la promotion du combat. Je voulais faire quelque chose de différent et répondre aux critiques. J'ai voulu casser la routine. J'ai réfléchi à comment faire quelque chose de différent et comment répondre aux critiques.

 

À quel point le dopage était central dans le MMA et à l'UFC ?
C'était très présent, c'était même flagrant je dirais. Je n'irais jamais donner de noms publiquement. Et je ne voulais pas accuser certains combattants, ça n'aurait pas empêché d'autres de faire la même chose. Moi, ce que je voulais, c'était changer le système. Après les tests mis en place par l'USDA, plusieurs champions sont tombés, des combats ont été annulés. Ça a fait perdre beaucoup d'argent à l'organisation mais je pense qu'à long terme c'est une bonne chose pour le sport. Je crois à la justice, peut-être que je suis naïf.

 

Vous êtes considéré par beaucoup comme un sérieux prétendant au GOAT, on loue votre classe et votre fair-play, on a fait de vous un étendard de ce sport... Quel regard vous portez, vous, sur votre apport à ce sport ?
J'ai 37 ans, je viens de l'ancienne génération. Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, le sport a beaucoup changé. Il y a beaucoup plus de provocations, de mises en scène, d'insultes. Je trouve que cela va parfois trop loin. J'ai toujours voulu être un modèle pour les jeunes, je n'ai jamais été bon pour le trash-talking. Je me suis contenté de faire ce que je faisais le mieux : c'était de me battre. Ce n'est pas naturel pour moi d'assurer une promotion agressive, j'ai toujours laissé mes adversaires le faire. J'ai l'esprit martial et le respect c'est la chose la plus importante. C'est ça mon apport à ce sport.

Vous dites que vous êtes doué pour vous battre mais vous détestez ça. Ça a été ça votre fardeau ?
J'adore ma vie et j'ai adoré mon travail. Mais aucun travail n'est parfait. Si je voulais conserver mon mode de vie, ma liberté, je devais me battre. Dans mon cas je me battais deux ou trois fois dans l'année. Et ce sont les pires trois jours de mon année. C'était la condition pour être mon propre patron, pour conserver mon mode de vie. Mais au final, trois jours sur 365, ce n'est pas grand-chose par rapport à d'autres qui détestent leur travail toute l'année.

 

Vous avez dit lors de l'annonce de votre départ « le MMA m'a sauvé la vie ». Quelle aurait été votre vie sans le MMA ?
Ce que j'ai voulu dire c'est que j'ai grandi avec beaucoup de rage, beaucoup de haine, d'énergie négative. J'ai dit MMA mais j'aurais pu dire arts martiaux. J'ai commencé par le karaté et j'ai ensuite fait la transition au MMA parce que c'était la suite logique pour moi. Ça aurait pu être le foot ou le hockey. C'est ça qui m'a permis d'évacuer toute mon énergie négative, de garder une discipline, de trouver ma place dans la société et de réussir. Sans le MMA, je pense que je ne serais pas parvenu à évacuer cette haine que j'avais au fond de moi.

 

Que se passe-t-il dans la tête d'un combattant pendant les quelques minutes qui séparent la sortie du vestiaire de la montée dans l'octogone ?
Avant la sortie du vestiaire, ce sont les doutes, la peur, la nervosité qui m'habitent. C'est cette partie-là que je déteste, plus encore que de me battre, c'est l'attente du combat. C'est terrible. Et plus le combat approche, plus ça devient insupportable. Mais quand le préposé de l'UFC vient te chercher pour t'amener à la cage, c'est là que je fais le vide. Dans mon cas c'est une transformation au niveau psychologique. L'esprit peut dire au corps quoi faire mais le corps peut aussi changer ton attitude psychologique. Quand je marche vers l'octogone, je me mens à moi-même et je mens à tout le monde. Je marche vers l'octogone et j'ai hâte de savoir comment je vais savourer ma victoire, de quelle façon je vais gagner. Je marche comme si c'était impossible pour moi d'échouer, mon corps agit comme si j'étais invincible, comme si j'étais le plus grand combattant du monde. Avec cette attitude-là, plus je marche, plus je me rapproche de l'octogone, plus j'y crois. Mais une fois que je suis dans l'octogone, c'est le vide total. Et je ne pense qu'à une seule chose : performer. Mais attention ! Si on pense trop à ce qu'on doit faire on manque ce qui se passe à l'extérieur : les consignes de mes entraîneurs, le temps qu'il reste dans le round... Il faut se concentrer sur son adversaire mais être aussi tourné vers l'extérieur. Il faut être en symbiose avec son environnement.

La France est le dernier pays qui interdit le MMA. Qu'est-ce que cela vous évoque ?
Je ne suis pas un spécialiste du dossier mais je crois que c'est très politique. Je trouve ça dommage. Je suis d'origine française, j'ai toujours voulu me battre en France. C'était un de mes plus grands rêves. Mais je crois que c'est une question de temps et d'éducation. Je crois que les gens qui sont en responsabilité vont se rendre compte qu'ils passent à côté de quelque chose.

On invoque souvent la dignité humaine pour l'interdire...
J'ai grandi avec les arts martiaux donc pour moi ce raisonnement ne tient pas. Mais si je me mets dans la peau de quelqu'un qui n'a jamais pratiqué, je peux l'entendre. Le MMA, c'est avant tout une question d'éducation. Je crois que le problème en France est surtout lié aux frappes au sol. Cela peut choquer de voir un combattant frappé au sol. Mais c'est une méconnaissance de ce qu'est ce sport. Le combattant qui est au-dessus n'a pas forcément l'avantage. Il faut donc éduquer pour que les gens comprennent ce qu'est un combat de MMA.

 

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Interwiew Francis Ngannou " L'Equipe "

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Parti de rien, le Franco-Camerounais est aujourd'hui l'un des combattants les plus célèbres de MMA. Il revient sur son parcours et explique comment ce sport a bouleversé sa vie. Arrivé du Cameroun comme un migrant en France, sans argent, sans logement, il a d'abord dormi dans la rue ou dans des parkings. Repéré pour sa carrure et son envie de faire de la boxe, Francis Ngannou a ensuite débuté à Paris, à la fameuse MMA Factory, avant de devenir l'une des stars de l'UFC, catégorie poids lourds. Il est aujourd'hui installé à Las Vegas.

Journaliste Rémy Fière

« La première fois que je vous ai rencontré, l'une de vos phrases m'avait marqué : "Le seul endroit où je me sens en sécurité, c'est dans la cage." Pourquoi ?
En fait, je voulais d'abord signifier que, dans cette cage, je me suis toujours senti libre de m'exprimer. Parce qu'à l'intérieur, je peux contrôler la situation. Parce qu'il y a des règles, un arbitre et que tout ce qui se déroule dans cet espace est loyal. La deuxième chose que je sous-entendais, c'est que, par rapport à ce que je venais de vivre, le MMA m'offrait une sécurité. Et c'est d'ailleurs grâce à cela que j'ai pu emprunter le chemin qui m'a mené là où je suis, que je peux désormais aider ma famille, que j'ai pu créer ma fondation au Cameroun...

 

Au départ, vous envisagiez de faire de la boxe anglaise. Quand vous êtes-vous dit : "Ce sera le MMA" ?
Le vrai moment, c'est lorsque j'ai pris le virage de l'UFC, la plus grande organisation américaine de MMA, qui me proposait de combattre en son sein. Quand j'ai reçu mon premier contrat, je me suis vite rendu compte que c'était une opportunité à saisir. J'ai d'abord signé pour quatre combats mais, après mes deux premières victoires, l'organisation m'a proposé à nouveau quatre combats.

Ce côté ascenseur social, que l'on met souvent en avant avec le MMA, qui ferait grimper très vite les meilleurs, vous l'avez vécu comment ?
Socialement, c'est sûr que ma vie a changé, grâce au MMA, mais je dirais que ce n'est pas seulement grâce à ce sport. Je pense que cela a aussi à voir avec qui je suis, avec mon savoir-faire, mes capacités, mon travail. Parce que cet "ascenseur social", comme vous dites, c'est bien d'abord de monter dedans parce que, finalement, il n'y a pas tant de place que ça. Mais ensuite, il faut faire en sorte qu'il vous emmène quelque part.

Financièrement, comment les choses ont évolué, entre votre premier combat de MMA et celui disputé en janvier 2018 pour la ceinture UFC des lourds ?
Lors de mon premier combat de MMA, ma bourse était égale à zéro. Quand je suis arrivé à l'UFC avec le contrat classique, pour mon premier fight, j'avais 10 000 dollars de prime de participation et 10 000 dollars de prime en cas de victoire. Bon, une fois les impôts américains prélevés, il en reste moins. Contre Stipe Miocic, lors de mon combat pour la ceinture mondiale, ma prime était de 500 000 dollars...

Les primes varient en fonction de vos succès ?
Oui mais tout ça est prévu dans le contrat, c'est signé en amont. Après une défaite, il faut juste reprendre les choses en main, et ensuite ça recommence. Il faut gagner pour avancer... Jusqu'à avoir une nouvelle opportunité pour la ceinture.

 

Vous vivez désormais à Las Vegas, vous avez acheté une maison... Le rêve est accompli ?
C'est un peu bizarre. Parfois, j'y pense et je n'ai pas l'impression que c'est chez moi, c'en est presque flippant. C'est comme si je vivais un rêve sans m'en rendre compte, tout en sachant bien sûr que beaucoup de monde aimerait être à ma place. Je me mets une sorte de pression perpétuelle, peut-être parce que je ne suis pas encore arrivé au sommet.

C'est étrange comme sentiment, non ?
Sans doute parce que je n'ai pas l'impression d'avoir accompli quelque chose ou conquis quelque chose de grand. Et j'ai toujours peur d'échouer.

Quel serait votre rêve ultime ?
Mon rêve ultime, c'est la ceinture des lourds, oui. Peut-être plus, je ne sais pas. Écrire ma part d'histoire, laisser mon empreinte sur le mur...

Sans jamais oublier votre pays, le Cameroun.
Redonner est pour moi une évidence. Pour ma famille et je parle de ma famille proche, pas de la famille élastique africaine... J'ai grandi au sein un noyau où l'on apprend à batailler l'un pour l'autre. Aujourd'hui, c'est moi qui ai la bonne position, il y eut un moment où c'est moi qui étais en bas. Rendre me semble juste.

Justement, par rapport à tout cela, quel a été le rôle de la France dans ce parcours ?
La France, pour moi, a été la terre de l'opportunité. Même si les débuts ont été très difficiles, j'étais enchanté d'être là. Des gens m'avaient prévenu : "Attention, la France, ce n'est pas le paradis." Je leur répondais que je le savais mais que ce pays était le bon terrain pour créer mon propre paradis.

Comment imaginez-vous l'avenir du MMA ici ? Vous aimeriez venir y combattre si votre sport est enfin légalisé ?
Évidemment car je suis le produit du MMA français. C'est mon milieu, mes premiers pas. Et la France est un pays pépinière, c'est donc lamentable que, jusqu'à présent, les jeunes n'aient pu s'exprimer devant leur public. Aujourd'hui, il est temps de dessiner un avenir plutôt glorieux pour notre discipline. Si c'est le cas, je serai là pour en ramasser les fruits dès la première saison. Et les suivantes aussi. »

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Réglementation, violence, dopage... Sept questions autour du MMA

 

Si le ministère des Sports a récemment entrouvert la porte à la reconnaissance du MMA en France, la discipline doit encore combattre les idées reçues.

Journaliste Jérôme Guillas et Rémy Fière

 

Est-ce autorisé partout ?

Oui, sauf en France

Notre pays est le seul qui refuse encore de s'ouvrir. Les deux derniers pays qui interdisaient le MMA étaient la Norvège et la Thaïlande. La première a longtemps refusé les sports « à K.-O. » mais s'y est résolue récemment. La seconde l'a fait il y a deux ans : au pays du muay-thaï (boxe thaïlandaise), la discipline est désormais tolérée. Il reste néanmoins des pays, en Afrique et au Moyen-Orient notamment, qui n'ont pas adopté de position définie. Précisons également qu'en France, s'il est interdit d'organiser des compétitions de MMA, il est tout à fait possible de s'entraîner dans des salles reconnues. Quitte ensuite, pour les combattants désireux de s'exprimer en compétition, à s'exiler dans des pays plus ou moins proches.

 

Combattent-ils vraiment dans une cage ?

Oui, mais c'est pour se protéger

La symbolique est forte et fait songer à des animaux enfermés. « Mais l'enfermement, tu n'y penses jamais. C'est une notion véhiculée par des non-combattants », explique Cyrille Diabaté, ancien champion désormais entraîneur. Le grillage qui entoure le fameux octogone n'est pas un grillage de métal comme dans un zoo. Il s'agit d'un alliage souple, recouvert d'une gaine élastique. Pour tenter de gommer cette notion de « cage », on préfère donc utiliser le terme d'octogone ou d'aire de combat. Qui, lors des projections nombreuses, se révèle beaucoup plus sécurisant que les cordes d'un ring. Pour les défenseurs du MMA, il est hors de question de modifier cette caractéristique essentielle. « C'est comme si un pays décidait tout d'un coup que, chez lui, les footballeurs étaient autorisés à marquer avec la main... Impossible, non ? », assène Fernand Lopez, le patron de la MMA Factory, où s'entraînent de nombreux champions.

Tout est-il réellement permis ?

Non, des règles ont été établies

Nous sommes désormais loin des premiers combats en « free fight », qui voyaient s'opposer des combattants venant de disciplines différentes et aux morphologies parfois dissemblables (un sumotori de 275 kilos contre un karateka de 90). Des règles assez précises ont été imposées au fil des années pour rendre lisible un sport qui mélange tant de disciplines différentes. Nombre de rounds, catégories de poids, gestes répréhensibles... Sont bannis, par exemple, les frappes dans les reins, sur la colonne vertébrale ou la gorge, les coups de tête, les pincements, le tirage de cheveux. Les interdictions sont au nombre de 31 et les arbitres sont là pour les faire respecter.

Peuvent-ils se frapper au sol ?

Oui, c'est aussi cela, le MMA

En France, c'est l'une des règles qui fait débat : lorsque son adversaire est à terre, on peut continuer à le bourrer de coups de poing. On a souvent évoqué l'atteinte à la dignité humaine. Les combattants, eux, n'y trouvent rien à redire. Qu'ils soient frappeurs - « notre amplitude de bras est bien moindre qu'en combat debout ou en frappe avec les pieds » - ou frappés - « une fois au sol, on apprend à se protéger et les coups reçus ne sont pas parmi les plus durs » -, tous assurent que la position de domination d'un des combattants n'est rien et que le combat au sol est une composante essentielle de leur sport.

S'agit-il du sport le plus violent ?

Non, pas vraiment

Disputés en trois ou cinq rounds de cinq minutes chacun, les combats sont très courts et peuvent parfois se terminer rapidement. Il n'est pas rare que le sang gicle. Mais, contrairement à la boxe, où un boxeur peut être compté plusieurs fois et autorisé à reprendre le combat, au MMA, un combattant mis K.-O. n'est pas compté. Le combat est arrêté dans la seconde. « Vous touchez un combattant une fois à la tête, il fait l'ascenseur et tombe, le combat est terminé », résume Fernand Lopez. Après un K.-O. subi en MMA, le protocole médical (IRM, ECG du cerveau, entre autres) est d'ailleurs beaucoup plus drastique que dans le rugby ou le football américain, par exemple.

 

Sont-ils tous dopés ?

Non, mais ils sont surveillés de près

Malgré cela, il n'est pas rare d'apprendre que tel ou tel champion, contrôlé par l'USADA (l'agence américaine antidopage), a été suspendu. Dernier exemple en date, l'Américain TJ Dillashaw, ex-champion poids coq de l'UFC, qui vient d'être suspendu deux ans pour avoir pris de l'EPO. Ce n'est pas le premier et sans doute pas le dernier. Personne n'est à l'abri, même des combattants qui rapportent des millions à l'organisation. Fernand Lopez : « Je ne vais pas nier qu'il y a du dopage mais il y en a dans de nombreux autres sports et, parfois, à des niveaux bien plus élevés. À l'UFC, par exemple, chaque athlète a un compte à remplir, une géolocalisation précise à donner. Des contrôles inopinés peuvent subvenir partout et tout le temps. »

« Tu peux être contrôlé chez toi deux ou trois fois de suite, pendant tes vacances, n'importe quand », renchérit Francis Ngannou. « Il y a 10 ans, je vous aurais dit que le dopage était un problème endémique dans le MMA. Depuis, les grosses organisations ont vraiment fait en sorte de lutter contre le dopage. Dans les petites organisations en revanche, au fin fond de l'Europe ou de l'Asie, cela reste sans doute un dossier noir », analyse Yann Ramirez, docteur en sociologie et auteur d'une thèse sur le MMA.

Est-ce un nid à radicalisation ?

Rien n'est moins sûr

« C'est Jean-Luc Rougé, le président de la fédération de judo, qui avait laissé entendre que le MMA était un repère de djihadistes, des mots durs à entendre », regrette Cyrille Diabaté. « Les propos les plus stupides que je n'ai jamais entendus, c'est affligeant », rajoute Fernand Lopez. Sur ce sujet compliqué, les chiffres n'existent pas. Certains propriétaires de salle pensent que le MMA peut ramener les égarés dans le droit chemin : « Je crois qu'il y aura plus de mecs sauvés du djihadisme en se mettant au MMA que le contraire », estime Cyrille Diabaté. Certes, la radicalisation est à surveiller, mais comme dans tous les sports, urbains ou non. « Le facteur risque est là mais aussi bien dans le foot à cinq, les sports de combat ou les arts martiaux », analyse Cyrille Diabaté. « Le MMA est impacté ou peut être impacté parce qu'il n'y a pas d'encadrement de ce sport, donc une permissivité possible et celle-ci peut se traduire par des formes de déviance dont la radicalisation », précise Médéric Chapitaux, chercheur en sociologie et auteur de Le sport, une faille dans la sécurité de l'État (Enrick B., 2016).

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Yann Ramirez, docteur en sociologie, enseignant à l'Université de Montpellier et auteur d'une thèse sur le MMA, décrypte les tabous liés à l'essor d'un sport mal connu et encore plus mal perçu.

Journaliste Jérôme Guillas

« La notion de dignité humaine est très souvent invoquée pour interdire le MMA en France. Comment entendre cette notion ?
Je crois que c'est un vernis logique. C'est-à-dire que l'on utilise cet argument pour masquer d'autres raisons qui bloquent la légalisation du MMA. Ce qui contreviendrait à la dignité humaine, c'est la cage, les épanchements de sang et les frappes au sol. La cage rappelle cette imagerie du combat spectacle, des arènes, de la gladiature, quelque chose de très éloignée du sport traditionnel que l'on connaît en France, alors qu'elle permet surtout de sécuriser les athlètes dans les phases de lutte et de projection. Les épanchements de sang sont souvent provoqués par des coups de coude qui occasionnent des blessures plus visuelles que destructrices.

Mais le point prégnant de ce qui est présenté comme une atteinte à la dignité humaine ce sont les frappes au sol. Or, dans les règles d'un contrat moral entre deux individus qui permet de consentir à un échange réciproque, cela ne tient plus. On a affaire à des personnes consentantes, qui sont dans un cadre sécurisé, avec un arbitre et des règles unifiées. Ce sont des athlètes, professionnels, très entraînés. Lorsque le public non initié au MMA regarde des phases au sol, il a tendance à produire un ''processus empathique de victimisation'', c'est-à-dire que l'homme au sol est à plaindre. Alors qu'un technicien de jiu jitsu brésilien, qui serait sur le dos par exemple (donc visuellement une position de dominée) est dans un élément familier qui lui permettrait de gagner un combat. La méconnaissance de ce sport amène forcément à des préjugés et des avis rapides. La question de la dignité humaine n'a finalement pas sa place : cela ne va pas contre la morale dans la mesure où ce ne sont pas des personnes exploitées. On utilise cette question pour masquer d'autres raisons.

Quelles sont ces autres raisons ?
Ce sont pour partie des conflits avec des Fédérations de sports de combat qui verraient dans le MMA une nouvelle concurrence (une perte de licences, de créneaux horaires dans des gymnases communaux par exemple, une perte d'athlètes de très haut niveau). Une autre raison est structurelle : la France est un pays marqué par la centralisation, autour d'organismes comme les Fédérations. Dans le cas de pratiques dites ''violentes'', cela s'appuie sur le concept de la monopolisation de la violence légitime par l'État, qui touche aussi la sphère sportive. Le MMA, qui s'est développé par des organisations privées, échapperait donc à cette monopolisation d'État. D'où la nécessité en France de développer ce sport par l'État, afin de correspondre à sa politique historique en matière de sport.

Enfin, il y a une raison davantage liée à la gestion individuelle du corps. Une vision holiste où le poids de la conscience collective est fort et connote négativement des pratiques corporelles très engagées (sport extrême, sport de combat, de contacts), une vision réactionnaire dualiste encore présente qui est héritée de Descartes (la pratique corporelle va à l'encontre de l'esprit), une vision hypermoderne hygiéniste qui ne comprend pas pourquoi l'être humain peut aujourd'hui abîmer intentionnellement son corps. Le résultat est un retard sur des sujets de société comme le MMA, la prostitution, l'euthanasie, tout ce qui engage très fortement le corps. Des sujets où ''l'éthique'' est mise en avant. Les conséquences sont que la responsabilité individuelle est trop oubliée au profit de la responsabilité collective.

 

Est-ce que le MMA est un marqueur du relèvement du seuil de tolérance à la violence physique dans une société qui pourtant se sanitarise ?
Je vois le MMA comme quelque chose à contre-courant du mouvement de la sanitarisation du corps et de la société. Depuis les années 1980, on constate un développement de pratiques pour entretenir le corps, le rendre beau et en bonne santé. On a tendance à émettre des avis négatifs sur des pratiques qui mettent à mal le corps. Le port du casque par exemple a été rendu obligatoire dans de nombreuses disciplines. Le MMA véhicule des images de blessures assez fortes. Cela marque l'opinion publique. Le seuil de tolérance à la violence a évolué. C'est l'évolution des économies affectives, de la civilisation des moeurs. On est aujourd'hui beaucoup plus sensible à la violence physique qu'il y a plusieurs dizaines d'années.

L'opinion publique française est-elle prête pour des gros spectacles organisés par l'UFC ?
Tout dépend de l'orientation médiatique des événements. Si les médias continuent d'utiliser des termes comme ''les gladiateurs des temps modernes'', ''un sport ultra-violent'', cela va marquer l'opinion publique dans un certain sens. Je me souviens d'un numéro spécial de votre journal avec comme illustration, pour évoquer ce sport, une tache de sang. Les organisations elles-mêmes ont une responsabilité dans l'appellation de leurs événements. Une partie du public est déjà prête à réceptionner ce type d'événements. L'autre sera sans doute choquée. Il y aura forcément un temps d'adaptation pour comprendre que ce sport, visuellement très dur, n'est pas plus traumatique que d'autres sports de combat et que l'on a affaire à de vrais athlètes et non des soiffards de sang qui veulent assouvir une violence innée. Il y aura une éducation à faire pour comprendre que ce sport en est un et non un combat spectacle.

 

Le MMA est-il un phénomène de société mondial ?
Un phénomène mondial c'est indéniable. Le MMA s'est développé partout dans le monde. Phénomène de société, c'est différent. Ce sport s'est considérablement développé à partir du début des années 2000, entre 2005 et 2012, notamment grâce à la téléréalité The Ultimate Fighter (TUF), qui a été, pour le coup, un véritable phénomène de société qui a permis à l'UFC de grandir très rapidement. Mais aujourd'hui, il y a une stagnation. Les ventes au pay-per-view restent toujours inférieures à la boxe anglaise. L'UFC aujourd'hui a trouvé son public et reste aux pieds des sports majeurs aux États-Unis. Ce sport a dépassé le stade de l'effet de mode, mais n'est plus à proprement parler un phénomène de société.

Le vrai danger de ce sport n'est-il pas les coupes de poids plutôt que l'entrée dans la cage elle-même ?
C'est un vrai enjeu. Les pertes de poids extrêmes très rapides fatiguent le coeur, l'organisme. L'optimisation de ce ratio poids-puissance est aussi un potentiel facteur de dopage même si le MMA reste un sport parmi les plus contrôlés. Mais c'est un sport qui demande énormément d'engagement et où toute la gamme du dopage est potentiellement utilisable : pour le cardio, pour la puissance, pour la perte de poids. L'époque spectaculaire du MMA au Japon, avec le Pride notamment, a été marquée par le dopage. Il est difficile d'en avoir la preuve car les contrôles étaient plus qu'aléatoires et très peu révélés. Mais les baisses de performances d'athlètes en changeant d'organisation interrogent. Aujourd'hui, même les champions tombent. Il y a dix ans, je vous aurais dit que le dopage était un problème endémique dans le MMA. Depuis, les grosses organisations ont vraiment fait en sorte de lutter contre le dopage. Dans les petites organisations en revanche, au fin fond de l'Europe ou de l'Asie, cela reste sans doute un dossier noir. »

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Posted (edited)

Si je dis pas de conneries, Yann Ramirez c'est @Yanito

Et il dit plein de trucs intelligents en général, et c’est un plaisir de le lire.

Il a un seul défaut majeur : Il est fan de cyclisme! (🤣)

Edited by MrGuimZ

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