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  • Battling Siki


    milon
    [b][u][size=4]Temps de guerre[/size][/u][/b]

    Avec l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand, l’Europe, puis le monde, entre en guerre. Dès 1914 les allemands après avoir envahi la Belgique et le Luxembourg pénètrent en France où ils occupent l’Aisne, la Somme et la Champagne.
    C’est une guerre d’usure qui commence, les troupes en présence sont de forces égales et malgré l’utilisation d’armes nouvelles comme l’aviation, les chars, les gazes et les lances flammes, la ligne de front ne bouge guère.
    Cette guerre de position se traduit par l’utilisation de tranchées et de vagues d’assaut depuis celle-ci. Mais rien n’y fait, les hommes des deux camps continuent de tomber sous le feu ennemi, voir de maladie, de faim ou de froid.
    Au printemps 1917 la France décide d’une offensive majeure contre les allemands, ils tenteront de briser le front en attaquant au Chemin des Dames.


    3 Avril 1917
    -4h du matin-
    Baye Fall se réveille transit par le froid, depuis qu’il est arrivé ici avec sa compagnie de tirailleur sénégalais cette morsure glaciale ne le lâche pas. Il a neigé hier et les pieds dans la boue il regarde par-dessus la tranchée l’étrange clarté de la neige qui éclaire la nuit. Cette satanée boue pense-t’il encore une fois, une calamité qui ne l’a pas quitté depuis si longtemps, cette saloperie qui adhère a ses habits et a sa peau et qui demande plus d’effort a chaque pas. Son estomac crie famine également, bientôt une ration de pain sec arrivera, et du café chaud.
    Bien chaud.
    Il l’espère si fort car hier ils avaient eu l’heureuse idée de servir du vin mais celui-ci avait gelé dans les gourdes.

    5hrs du matin- Au loin Baye entend l’artillerie bombarder les positions ennemies, régulièrement, très régulièrement.
    BOOM—BOOM
    BOOM—BOOM
    BOOM—BOOM
    Un tempo qui le ramène en arrière.
    Qui lui rappelle les tambours.
    Il ferme les yeux et se laisse porter.
    Le Sénégal.
    La chaleur.
    Les français qui s’amusaient à jeter des pièces dans la mer pour le regarder plonger de la falaise pour les récupérer.
    La danseuse allemande qui l’a ramené avec elle en France.
    Ses petits boulots.
    La boxe, ses premiers combats, ses premières victoires mais aussi des défaites. Avant que la guerre n’éclate, de 1912 à 1914, 16 combats, 8 gagnés, 6 nuls et 2 défaites.
    Il ouvre brusquement les yeux, et retrouve instantanément le froid qui engourdit ses membres et brûlent sa poitrine, une main vient de le secouer légèrement à l’épaule. Un homme le regarde. Il a les yeux qui brillent, mal réveillé ou la peur peut être. De toute façon personne ne se moque de ceux qui ont peur, car tout le monde l’a connue dans cette guerre horrible. L’homme dit la voix chevrotante : «On y va mon petit gars, c’est bientôt là, prends ton fusil».

    -5hrs30- L’offensive va bientôt être lancée, c’est le moment d’arrêter de penser, de commencer à oublier ses compagnons, car lorsque ceux-ci tomberont il faudra oublier qu’ils sont morts pour continuer à vivre. S’arrêter un instant, s’égarer une seconde pour s’émouvoir de la perte d’un ami et ce pourrait être la fin. Quand on se lance à l’assaut on marche sur les cadavres et si les bombes pleuvent alors elles les ensevelissent, puis les déterrent et les enterrent a nouveau. On court, on se bat et on se cache dans un immense charnier.
    Finalement on n’a pas gagné cette bataille, enfin pas immédiatement comme le pensait notre état major. Il aura fallu plusieurs semaines et Baye Fall perdra des milliers de camarades. Tombés si loin de leur terre.
    Il entra dans cette guerre comme un enfant alors qu’il n’avait que 17 ans et en ressortira grandi.
    Encore plus grand qu’un homme, le torse bardé pour l’éternité de la médaille militaire et de la croix de guerre pour sa bravoure.
    Serait ce de cette expérience qu’il en tira toute son énergie ? Car lorsqu’il reprendra la boxe il enchaînera les combats sans répit.
    Ici sur le champ de bataille était né un nouvel homme, ici commence l’histoire de Baye Fall mieux connu sous le nom de Battling Siki, le premier champion du monde africain.

    [img]http://www.dinoutoo.com/cache/reportages/3117_Battling_Siki_2_-7be3f.jpg[/img]




    [b][u][size=4]Qui es-tu vraiment Championzé?[/size][/u][/b]

    Dès ses débuts comme boxeur en 1912, Baye Fall va prendre différents noms à commencer par Louis Fall, voire quelquefois Louis Phal, mais sera finalement connu dans le monde de la boxe sous le nom de Battling Siki.
    Quelques sources mentionnent également M’Barick Amadou Fall comme nom de naissance, l’actrice allemande l’ayant ramené avec elle dans ses bagages en tant que domestique lui ayant changé son prénom en Louis. Qui sait réellement ? Cela se passait il y a si longtemps.
    Ce qu’il faut retenir dans ces changements successifs d’identité, c’est la réelle difficulté pour un noir de s’intégrer dans la société occidentale. Pour bien appréhender le mal être de Battling, il faut se replonger dans le contexte particulier de l’époque. Né en 1897 à Saint-Louis au Sénégal en territoire français (seules les personnes nées sur une des quatre communes que sont Saint-Louis, Dakar, Gorée et Rufisque étaient considérés citoyens français), il possédait de ce fait un statut particulier contrairement aux autres habitants du Sénégal qui eux étaient considérés comme indigènes. La citoyenneté française fut donnée aux originaires des îles de Saint-Louis et de Gorée a partir de 1792, ce qui fait entrer ceux-ci parmi les premiers citoyens français.
    Pourtant à cette époque être noir même avec des papiers français ne veut pas dire être égal aux blancs. Ils sont et restent dans l’esprit des métropolitains des produits de la conquête coloniale, des indigènes, une classe d’individus inferieurs et baignent dans ce racisme omniprésent. Preuve en est cet horrible surnom dont se verra attribuer Baye : Championzé, un mauvais jeu de mot entre champion et chimpanzé.

    [img]http://senemag.free.fr/local/cache-gd2/c41b5c375c28631dfdc57bb14ec8ce8d.jpg[/img]
    [i]Championzé, BD retraçant la vie de Siki[/i]



    [b][u][size=4]Ascension vers le sommet[/size][/u][/b]

    Au sortir de la guerre Battling reprend les gants et enchaîne les combats dès novembre 1919 où il gagne son match de retour par arrêt de l’arbitre au 2eme round contre Eugene Stuber, qui pour l’anecdote deviendra par la suite son sparring partner .
    Entre ce combat et celui pour la ceinture de champion du monde en septembre 1922, Siki montera sur le ring 46 fois, gagnant 43 de ces combats, deux match nuls et seulement une défaite par décision lors d’un combat de 15 rounds contre Tom Berry qu’il affronta deux fois (victoire a la décision lors du premier match) à un peu plus d’un mois d’intervalle. Battling Siki était en compétition permanente avec en moyenne un match toutes les trois semaines.
    En juillet 1923 un homme regarde avec attention le match entre Siki et Marcel Nilles, ce dernier vient de perdre par KO au 8eme round contre Carpentier, le champion du monde des mi-lourds et ce match doit designer le prochain adversaire pour le titre. Cet observateur attentif n’est autre que le manager du champion en titre. Personne ne mise sur Sikki, d’ailleurs les journaux comme [i]la boxe et les boxeurs[/i] ne parlent que de l’entrainement de Nilles, rien ou très peu sur le sénégalais qui n’apparaît d’ailleurs dans le même magazine que sous la forme d’un gag ou il fut dit qu’il ne serait jamais blanc pour les français, même avec une victoire. Pourtant certaines revues comme [i]l’Auto[/i], prennent part pour le jeune africain (dans une certaine mesure car c’est plutôt analyse des qualités des boxeurs) en mettant en avant le courage et la vaillance des tirailleurs sénégalais. Mais les journaux pro-Siki sont bien rares.
    La suite donnera raison a [i]l’Auto[/i] avec une victoire expéditive en 2 rounds du jeune Sénégalais, pourtant François Descamps de son œil d’expert estime que Siki est a la portée de Carpentier.
    Largement.
    Un combat sans risque pense-t-il pour son poulain qui vient de défendre avec succès son titre européen.
    [img]http://www.heavyweightcollectibles.com/wp-content/uploads/2008/11/newlly2428.jpg[/img]
    [i] Contre Marcel Nilles[/i]



    [b][u][size=4]Carpentier, l’homme le plus dangereux sans armes[/size][/u][/b]
    Titra l’Herald Tribune après que Carpentier est battus le champion anglais Billy «Bombardier» Wells en seulement 73 secondes.

    Un emblème sportif, un athlète au cœur vaillant, voila qui pourrait résumer en deux courtes phrases les sentiments des français pour Georges Carpentier. Celui-ci est un héros de guerre, décoré de la croix de guerre et de la médaille militaire, un sportif accompli avec son titre de champion de France junior de savate obtenu à l’âge de 13 ans. Mais c’est dans la boxe qu’il excellera et deviendra l’idole d’un peuple. Après un titre de champion de France puis d’Europe des poids welters en 1911 a seulement 17 ans, il partira à la conquête du titre européen des mi-lourds qu’il gagnera l’année suivante. Il ne s’arrêtera pas en si bon chemin et ajoutera la ceinture de champion des poids lourds pour l’Europe la même année. Pour l’anecdote le titre poids lourds était considéré comme étant celui toute catégorie.
    Apres une brève interruption due à la guerre Carpentier prendra le titre de champion du monde des mi-lourds à Battling Levinsky en 1920 aux Etats-Unis. Carpentier, dit L’homme à l’Orchidée (The Orchid Man), devient ainsi le premier français à gagner un titre de champion du monde en boxe.
    Son nom deviendra encore plus connu dans le monde après sa tentative pour le titre suprême des lourds contre Jack Dempsey. Plus léger de près de 7kg et petit de 6cm, Carpentier jouera de son agilité et de son don de l’esquive face au massif américain. Pourtant il se brisera le pouce au second round alors qu’il venait de sonner Dempsey. Sa meilleur arme inutilisable, il survivra jusqu’au 4eme round avant de se faire mettre KO. Dempsey ne tarira pas d’éloge devant les qualités pugilistique de l’Homme à l’Orchidée et l’Amérique l’acclamera comme un héros. A son retour en France il retrouvera cette liesse populaire qui encense son courage.
    Il combattra encore deux fois avant de rencontrer Battling Siki, deux combats qu’il gagnera par KO, respectivement au 4eme et 1[sup]er[/sup] round.

    [img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/58/Georges_Carpentier.jpg/250px-Georges_Carpentier.jpg[/img]
    [i] Carpentier[/i]



    [b][u][size=4]24 septembre 1922 : Le grand jour[/size][/u][/b]

    Stade Buffalo de Montrouge à Paris, 40000 personnes se serrent et se poussent des coudes en scandant le nom de Carpentier. Pour la première fois depuis trois ans l’enfant chéri du pays va combattre sur ses terres, enfin. Et quoi de plus beau qu’un retour victorieux a la maison pour le fils prodigue qu’un combat facile contre un produit de nos colonies. Le maître va montrer au valet ce qu’est la science de la boxe, l’esthétique du noble art.
    Carpentier pour l’occasion met ses titres de champion du Monde, d’Europe et de France en jeu.
    Un autre homme entre sur le ring avec l’espoir de tout un continent derrière lui. Chacun de ses pas est accompagné par les prières et l’espérance de tous les noirs qui assistent pour la première fois depuis 1915 à un combat d’un homme de couleur pour l’obtention du titre suprême de champion de monde. Le dernier ayant été Jack Johnson, destitué de sa ceinture 7 ans plus tôt par Jess Willard.

    Au centre du ring Carpentier faisant face a Siki, lui lâche avec sarcasme: «Dépêchons nous il va pleuvoir». Et dès les premières secondes du combat Carpentier montre sa supériorité technique et Siki essuie les coups qui effectivement pleuvent de toute part. Il tombe deux fois lors des trois premières reprises, l’arbitre ne manquant pas d’avertir le Sénégalais pour manque de combattivité. Georges est certain de l’issue de ce match, d’ailleurs il précise à son coin qu’il «peut le finir quand il veut». Pourtant cœur vaillant, le jeune noir se relève toujours pour retourner au combat malgré les assauts incessants de Carpentier qui plusieurs fois prolonge littéralement ses coups par un plongeon de tout son corps. Battling Siki n’est pas un esthète de la boxe mais un dur au mal, un combattant qui renvoie à chaque coup reçu. Son jeu est simple et brutal, il lance de larges crochets, puissants et constamment. Finalement il touche Carpentier qui s’écroule à son tour a la fin du 3eme round. Celui-ci se relève mais quelque chose s’est brisé en lui. Il ne reviendra jamais dans le combat.
    C’est au tour de Siki de se montrer ironique en lançant alors à Carpentier pendant le 5eme round «Vous ne frappez pas très fort monsieur Georges». Battling Siki surclasse totalement le Grand Georges devant une foule médusée.
    Finalement Carpentier tombe KO sur un uppercut lors du 6eme round.
    Cependant devant le spectacle du champion aimé à terre, et pire de devoir couronner un noir champion du monde, l’arbitre déclaré Georges Carpentier vainqueur par disqualification de Siki, celui-ci ayant apparemment porté un coup illégal, un croc-en-jambe.
    Le public bien que pro-Carpentier ne se laisse pas abuser par cette décision injuste et reconnaît bien Battling Siki comme vainqueur, de leurs yeux tous ont bien vu Carpentier tombé sous les coups du Sénégalais. La menace gronde et la fureur gagne les spectateurs qui menacent de tout casser dans le stade. Apres vingt minutes de tumultes les juges finalement reviennent sur leur décision et déclarent Siki vainqueur par KO.
    Il est bien le champion du monde, le premier africain à décrocher l’ultime couronne du noble art.

    [img]http://cultureboxe.files.wordpress.com/2010/11/battling_siki_3_.jpg[/img]
    [i]Un nouveau champion du monde[/i]



    [b][u][size=4]Lendemain de fête[/size][/u][/b]

    Immédiatement après le combat Siki dira qu’il est prêt à combattre le champion du monde poids lourds Jack Dempsey, mais bien qu’il reçut des échos favorables de la part de l‘écurie Dempsey, rien ne se fera. Dans un monde où les blancs gouvernent le monde il n’y a pas de place pour un noir sur l’estrade, même si celui-ci est un champion.
    Dès le lendemain de la prise de son titre et pour toute la durée de la vie de Battling, les journaux ne cesseront de montrer les travers de l’athlète en préférant s’accrocher à ses défauts d’homme en dehors des rings plutôt que de s’intéresser à ses qualités de pugiliste. Dépeigné tantôt comme un cocaïnomane, tantôt comme un animal, démontrant preuve scientifique a l’appui que sa victoire incombe a sa boxe sortie de la jungle, les journaux ne tarissent pas à son sujet. C’est à cette période qu’il héritera de cet infâme surnom de Championzé.
    Charlie Hellers, son propre manager s’essaye au jeu de la presse en affirmant qu’il a en lui quelque chose qui n’est pas humain, et que s’il était possible d’enseigner la boxe a un gorille, alors celui-ci serait champion du monde. Et c’est bien ce qu’il avait trouvé en Siki.
    Bien qu’apparemment gêné par ces propos Battling Siki se fera vite une raison et mènera cette vie dont il rêvait.
    Dissolue et pleine de frasques.
    Amateur d’alcool et de fille, il parade dans Paris avec ses costumes colorés et même quelquefois avec un lionceau en laisse. Il sera même arrêté pour avoir tiré des coups de feu dans la rue par amusement. Comble de l’horreur pour l’époque, ses deux épouses consécutives étaient blanches. Il se maria la première fois avec un hollandaise en 1920, soit bien avant d’être champion du monde. Après sa victoire il retourna prendre quelque semaines de repos a Rotterdam ou il fit un tour d’honneur en calèche dans la ville, acclamé par une foule criant «Vive la France et Siki».Il rencontra même la reine qui déclara un jour férié en son honneur.
    Son second mariage fut célébré aux Etats-Unis alors qu’il n’était pas divorcé de sa première femme. Siki jusqu’au bout.

    [img]http://www.heavyweightcollectibles.com/wp-content/uploads/2008/11/photos34.jpg[/img]
    [i] Avec sa première épouse[/i]

    [img]http://ecx.images-amazon.com/images/I/51I99rZJenL._SL500_AA300_.jpg[/img]
    [i] Autre temps, autres moeurs[/i]




    [b][u][size=4]La controverse[/size][/u][/b]

    Deux jours après la victoire de Siki, Descamps le manager de Carpentier, fit appel quant à la décision prise par les juges. Sans succès. Dès lors ils n’auront de cesse de salir le boxeur et aujourd’hui encore règne autour de ce combat une atmosphère malsaine. La presse et le monde de la boxe ne vont cesser de descendre en flèche Siki, minimisant la victoire du Sénégalais, de l’homme noir sur l’homme blanc.
    Pour encore plus enfoncer le clou, Carpentier écrivait encore en 1975 (soit 50 ans après le décès de Siki) dans son livre [i]Mes 80 rounds [/i]que Siki lui aurait demandé avant le combat de ne pas lui faire trop de mal et d’ajouter: [i](…)il a un réflexe naturel de défense. Il lance un swing presque en fermant les yeux (…) et je reçois le swing au menton(..)[/i]
    Il en restera dans la mémoire populaire, voir même dans celle écrite qu’il s’agissait d’un match exhibition au cours duquel Siki aurait prit sa chance ou encore qu’il aurait accepté de tomber, de ne pas répliquer a Carpentier et que ce dernier aurait été surpris. Peu de mention d’un Carpentier demandant sans cesse a Battling Siki de se coucher pendant leurs combats.
    Tricheur, corrompu, animal….terrible époque qui dévalorisa un homme parce qu’il avait commis la faute d’être né de la mauvaise couleur. Cet acharnement, une certaine réécriture de l’histoire en direct fera que le peu d’informations qui nous sont parvenues sur Siki sont souvent contradictoires et peu documentées.

    [img]http://www.grioo.com/images/galeries/6/35/3.jpg[/img]
    [i] Siki couche une premiere fois Carpentier[/i]



    [b][u][size=4]La bourre irlandaise[/size][/u][/b]

    Des boxeurs américains se montrent intéressés pour rencontrer Siki, et tout le monde sait que LA boxe c’est la bas que cela se passe. Son nouveau manager, Defremont, le sait également et finalement Battling se décide a traverser l’atlantique pour se battre au mythique Madison Square Garden contre Kid Norfolk, un rugueux boxeur noir de Baltimore.
    Mais malgré que le combat soit signé en novembre 1922, il ne se fera pas avant novembre 1923. En attendant Siki remettra son titre de champion du monde contre l’irlandais Mike McTigue à Dublin, le jour de la St Patrick en 1923. Avec 6 mois de fêtes et de vie débridée derrière lui, il n’affiche pas la meilleure forme qu’il pourrait avoir pour ce combat et perdra à la décision en 20 rounds. Les journaux de l’époque diront que McTigue ne bénéficia pas d’un arbitrage à domicile mais peut on vraiment croire les media de l’époque a propos de Siki …
    Trois mois plus tard il laissera ses ceintures de champion d’Europe et de France à Emile Morelle par disqualification au 6eme round.
    Il renouera brièvement avec la victoire avant de s’envoler vers les Amériques avec deux victoires par KO.

    [img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f1/Battling_Siki_in_Ireland_with_Eugene_Stuber.jpg/320px-Battling_Siki_in_Ireland_with_Eugene_Stuber.jpg[/img]
    [i]Eugene Stuber et Battling Siki en Irlande[/i]



    [b][u][size=4]New-York, escale finale[/size][/u][/b]

    Avant de rencontrer Kid Norfolk, Siki fera trois combats exhibitions dans différentes villes au Canada, contre le légendaire boxeur Jack Johnson. Celui-ci avait émit le souhait de rencontrer Siki après le combat contre Carpentier, mais Charlie Hellers avait alors refusé. C’est donc une exhibition de 6 rounds pour chaque combat que feront les deux champions noirs déchus.
    Le combat contre Norfolk ne verra pas revenir la flamme et la fougue qui fit de lui un champion du monde.
    Il perdra à la décision en 15 rounds.
    C’était bien le début de la fin, et sa réaction d’orgueil face au traitement infligé aux Etats-Unis à l’encontre des noirs ne l’aidera pas à obtenir cette discipline nécessaire à tout aspirant au titre de champion. Il enchainera alors les contre-performances et les victoires contre des boxeurs le plus souvent de seconde zone. Refusant d’intégrer le monde des matchs truqués Battling Siki tomba rapidement de son piédestal vers l’anonymat.
    Il continue ici la vie qu’il menait a Paris, et reconnut lui-même qu’il aimait taquiner l’alcool jusque tard dans la nuit et que ses bagarres de bars étaient son seul entrainement a la boxe. Cela lui valut de rater l’unique chance qui se montra à lui en la personne de Paul «[i]L’assassin d’Astoria» [/i]Berlenbach. Le vainqueur du match se verrait disputer un combat pour le titre contre Mike McTigue le mois suivant.
    A nouveau un rêve de ceinture à portée de ses gants.
    C’est donc lors cette cette soirée du 13 mars 1925 que le dixième round vit partir en fumée les espoirs du Sénégalais par KO technique.

    Un soir de décembre 1925, le 15, Siki dit à son épouse qu’il allait voir les gars, c'est-à-dire trainer les bars.
    Lillian ne le reverra jamais vivant.
    Titubant dans les rues sous l’effet des grandes quantités d’alcool qu’il avait absorbé, Siki arpentait les trottoires de Hell’s Kitchen pour revenir a son appartement de la 42eme street. Un policier, passant par-là et attiré par sa démarche, eût une conversation avec lui. Siki l’ayant rassuré sur son état qui devrait quand même lui permettre de retourner chez lui sain et sauf, l’agent de l’ordre continua sa ronde de nuit.
    Quatre heures plus tard le même agent retrouvait Siki mort, face contre le sol. L’arme du crime, un pistolet fut retrouvée dans à quelque pas de là, ce fut apparemment celui qui servit a l’agresseur de Siki à lui tirer deux balles dans le dos.
    Comme un guerrier, comme un champion au cœur gros comme un continent, Siki ne succomba pas immédiatement à ces blessures. Les traces de sang dans la rue montrent qu’il traina son corps meurtri sur plusieurs mètres avant de succomber.
    Son épouse accusa un gangster local mais l’enquête ne prouva rien et personne ne fut accusé.
    Hell’s Kitchen et meurtre d’un noir, du[i] «déjà vu» et «revu» [/i]pour les autorités locales, rien de nouveau dans la ville, rien de bien exceptionnel pour l’époque qui méritait de plus amples investigations.
    Encore aujourd’hui personne ne sait vraiment ce qui s’est passé. L’histoire retiendra qu’il devait 20 dollars à un escroc du nom de Jimmy. Un bandit que Siki «[i]aurait pu battre avec un seul bras» [/i]selon son épouse.
    La seconde histoire verra Lillian se rappeler que la veille un homme avait volé le manteau de son mari, et que ce dernier avait fait savoir qu’il savait qui était le voleur et qu’il allait lui mettre une bonne raclée.
    Qui sait ?

    500 personnes se recueillirent dans une église de Harlem pour assister aux funérailles de Louis Fall.
    Il est enterré dans le Queen, loin de ses terres d’origine dans un monde qui l’aura haï jusqu’au bout pour sa couleur.

    De sa réel personnalité Lilian dira «Un bon garçon, il était juste facétieux. Il ne voulait de mal à personne».

    De son expérience Carpentier se prononcera « Il est dommage qu'un athlète possédant un talent aussi magnifique ait trouvé une telle fin. Le temps est passé où les boxeurs peuvent céder à la beuverie, la bombance et être des champions. J'espère seulement que le destin du pauvre Siki sera une leçon pour les aspirants pugilistes. »

    De son combat contre Carpentier Ho Chi Minh proclamera «Depuis que le colonialisme existe, des Blancs ont été payés pour casser la gueule aux Noirs. Pour une fois, un Noir a été payé pour en faire autant à un Blanc. Adversaire de toute violence, nous désapprouvons l’un et l’autre procédé. Mais le fait est là, nous n’avons qu’à le constater. Constatons. D’un coup de poing – sinon scientifiquement envoyé, du moins formidablement placé – Siki déplaça Carpentier de son piédestal pour grimper dessus lui-même »

    De son héritage Mohamed Ali clamera «Le nom de Siki figure parmi les héros de la cause noir»

    [url="http://www.ikusa.fr/forums/index.php?app=core&module=attach&section=attach&attach_rel_module=post&attach_id=862"]View attachment: siki morgue.jpg[/url]



    [img]http://2.bp.blogspot.com/_Dp3OTvAl7Rg/StrQQsVDZ9I/AAAAAAAAACQ/EltIkSsdUIY/s1600/siki%2B%2B%2Bgosses.jpg[/img]

    Milon pour [url="http://www.ikusa.fr"]www.Ikusa.fr[/url]


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    Recommended Comments

    @sanadam je ferais l'article que tu m'as demandé dans quelque temps, a savoir que j'ai déjà pas mal de travail a faire et que tout article de ce genre demande beaucoup de temps et de recherche.
    Par exemple, je n'ai rien vue de plus complet en langue française que cet article sur Battling Siki.

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    Que dire si ce n'est merci ?

    De même que tu l'as mentionné, dans un livre sur l'histoire de la boxe, j'ai eu la version que son combat contre Carpentier était truqué mais que devant la piètre performance d'acteur de Siki au 1er round, l'arbitre leur aurait demandé de boxer pour de vrai et que Siki aurait alors pris sa chance.
    Je me souviens aussi, d'avoir vu dans un documentaire, une personne qui l'avait connu et qui expliquait que lorsque Siki frappait dans le sac, que le coup etait tellement sec que l emprunte du poing se voyait sur le sac mais que ce dernier n oscillait presque pas.
    Je ne sais pas ce qui s'est vraiment passé, avec Carpentier, ni quelle était vraiment sa puissance mais force est de constater que ce boxeur est rentré définitevement dans la légende.

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    Super article Milon je ne connaissais pas cet histoire. Pour celui que je t'avais parlé rien que le fait de savoir que t'as l'intention de le faire ça me fait déjà plaisir prends tout ton temps surtout!

    Sinon je retiens une chose "40000 personnes" c'était pas un phénomène rare loin de la à l'époque les grands matchs pouvait réunir plus de 100000 personnes alors que tu ne voyais pas grand chose au fond et qu'il n'y avait pas d’écran géant c'était juste pour le plaisir de pouvoir se dire "j'étais la".

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    quelque petit détail


    La danseuse allemande , comme beaucoup de femme a l’époque et de nos jour étais fascinait par les corps athlétiques de l’homme noir. une dizaine d’enfant plongé dans l’eau pour récupéré les pièces jetés par les blanc ,et un an particulier fi l’attentions de allemande m’bareck fall (batling siki) il avais 14 ans et un corps impressionnent, elle décidas de le prendre comme domestique et objets sexuelle et va le ramenait avec elle ,et sen lacet par la suite . Il va faire divers travaille, dormir dehors , et beaucoup de galère pour lui …… il travailla dans un bar restaurent ou il étais plongeur ,une bagarre u lieu et il intervena , deux blanc étais entrain de se battre celui qui étais sou emprenai plein la gueule
    Battilng siki intervena pour empêcher le massacre le Ga qui avais le dessus sen nés pris a lui , et le frappa a son tour d’une droite il tomba parterre et ce leva et lui fi comprendre ( calmé vous monsieur je sui la pour vous séparer et non pour me battre …. Le Ga lui mi une deuxième droit balling esquiva et lui lanca une terrible droite au menton il tombât ko un homme dans le coin du bar avais tous vu et lui proposa de faire de la boxe …il a tous quitté et se consacra a la boxe
    ( merci pour cet article)

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    Merci les amis.
    J'ai imprimer l'article au travail pour le relire..et holala...dans une phrase j'ai une répétition de trois même mots..j'ai changer ça.
    également la phrase[i] "comme un champion au cœur gros comme un contient"[/i]
    Il fallait lire [i]"[/i][i]"comme un champion au cœur gros comme un continent".[/i]
    ça sonne mieux je trouve.

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